« Quand vous lirez cette lettre, j’aurai cessé de vivre. »

LA DERNIÈRE LETTRE.

Adjudant, lieutenant, puis capitaine l’historien Marc Bloch a vécu intensément la Grande Guerre, notamment en Argonne, l’un des secteurs les plus dangereux de la ligne de front. Atteint par la typhoïde durant l’hiver 1915, il confie cette lettre à sa famille après sa convalescence avant de repartir au front. Il finira la guerre en ayant reçu quatre citations, la croix de guerre et la Légion d’honneur.

MARC BLOCH À SES PARENTS (1er JUIN 1915).

Quand vous lirez cette lettre, j’aurai cessé de vivre. Je serait mort « à l’ennemi ». Je ne vous demande pas d’avoir du courage, je sais trop que vous en aurez. Que vos larmes ne soient pas trop amères ! Je suis mort volontairement pour une cause que j’aimais; j’ai fait en partant le sacrifice de moi-même; c’est la plus belle des fins. Je mentirais en disant que je ne regrette pas la vie; je serais injuste envers vous qui me l’avez faite si douce; mais vous m’avez appris à mettre certaines choses au-dessus de la vie même. Songez que j’aurais pu comme tant d’autres tomber au mois d’août 1914, pendant la retraite, et mourir en désespérant de la France; ce sont ceux-là qu’il faut plaindre. Moi je suis mort sûr de la victoire, et heureux – oui vraiment heureux, je le dis dans toute la sincérité de mon âme – de verser mon sang ainsi.

🇨🇵 Marc Bloch.

 

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