🔴 La déportation des femmes de Lille : La sélection des déportés est brutale et totalement arbitraire. (2).

Ă€ Lille, les habitants apprennent ainsi, par voie d’affiches, que l’occupant a dĂ©cidĂ© de dĂ©porter des travailleurs vers les campagnes. Le prĂ©texte avouĂ© en est le blocus britannique qui, aux yeux de l’occupant, est le vĂ©ritable responsable de la misère dans laquelle sont plongĂ©es les populations occupĂ©es. La mesure a Ă©tĂ© soigneusement prĂ©parĂ©e. ImmĂ©diatement après la proclamation, des patrouilles allemandes passent de maison en maison et ordonnent aux civils de prĂ©parer leurs bagages, qui ne peuvent excĂ©der une trentaine de kilos. Les civils sont d’autant plus terrifiĂ©s que ceux qui viennent les chercher ne sont pas les troupes d’occupation, majoritairement composĂ©es d’hommes âgĂ©s, mais des soldats qui reviennent de l’enfer de Verdun.

Une demi-heure après ces convocations personnalisées, des officiers procèdent aux rafles, tandis que des mitrailleuses sont disposées dans les rues pour dissuader les éventuels récalcitrants. La sélection proprement dite des déportés est brutale et totalement arbitraire : ici, on emmène de jeunes hommes encore imberbes au lieu de prendre les adultes ; là, on préfère la sœur pour laisser le frère ; ailleurs, on traite des bourgeois comme des ouvriers. On assiste donc immédiatement à une sorte de nivellement des conditions et des différences entre les sexes.

Ces civils rassemblĂ©s pĂŞle-mĂŞle sont ensuite transportĂ©s dans des wagons Ă  bestiaux et le trajet se dĂ©roule dans la promiscuitĂ©, l’angoisse et les larmes. En fait, les dĂ©portĂ©s de Lille sont envoyĂ©s dans d’autres dĂ©partements occupĂ©s, oĂą les Allemands ont pris soin d’annoncer Ă  la population locale d’arrivĂ©e de « travailleurs volontaires » afin de susciter la suspicion Ă  leur encontre. Mais ces dĂ©portations provoquent surtout une campagne internationale de dĂ©nonciation de cette nouvelle violation du droit des gens par l’Allemagne. La campagne de propagande est efficace puisque, Ă  partir du mois de dĂ©cembre 1916, les femmes sont renvoyĂ©es chez elles. Toutefois, Ă  leur arrivĂ©e, elles subissent un examen gynĂ©cologique identique Ă  celui auquel l’occupant soumet les prostituĂ©es, renforçant ainsi l’humiliation initiale.

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