🔴 L’opération Charnwood : « Les bombes font le bruit d’un train qui arrive à toute vitesse ».

« Nous assistons, le soir du 7 juillet 1944, vers 21 h, au bombardement du quartier de la rue Basse, du Vaugueux, et du Château », témoigne le Caennais Jacques Vico, jeune résistant, réfugié dans une cave.

« Les bombes font le bruit d’un train qui arrive à toute vitesse. Au bout d’une demi-heure, nous voyons accourir le chef d’îlot de l’abri de Vaugueux. Il nous dit : « Venez vite ils sont tous morts dans l’abri ! Venez m’aider, je n’ai plus personne ». Nous le suivons. Une partie de l’abri, celui du Sépulcre, est effondré et une porte est tombée sur des corps dont nous voyons les membres. A demi asphyxiés par les gaz qui émanent de l’abri, nous sortons les victimes. Nous voyons passer les Allemands qui ont abandonné leurs positions, sur l’emplacement actuel de l’université. Ils sont complètement déshabillés, en slip, en caleçon, en chemise, couverts de poussière et hébétés. Des SS remontent de l’église Saint-Pierre et mettent le feu aux ruines. Des ambulances viennent évacuer les blessés. Un aviateur canadien qui nous avait retrouvés après avoir été abattu, nous aide à sortir les enfants et s’écrie : mais c’est ça le travail que je fais depuis des années, en France en Allemagne ? Il s’effondre, il se ressaisit, et il continue à sortir des blessés dont beaucoup mourront quelques jours plus tard… »

Puis au matin du 8 l’infanterie alliée se met en branle. Elle a en face d’elle, une des plus redoutables unités allemandes, la 12e SS et les fanatiques de la Hitlerjugend. Des hommes prêts à tout en temps normal, encore plus quand il faut sauver sa peau.

Depuis son arrivée au nord de Caen le 7 juin, la 12e SS s’est déjà livrée à plusieurs crimes de guerre. Notamment dans le château d’Audrieu et à l’Abbaye d’Ardenne en exécutant froidement des prisonniers canadiens.

Au milieu du dispositif allié de ce matin du 8 juillet, la 59e division qui n’a pas une grosse expérience du feu, fait du surplace. Les grenadiers de la Hitlerjugend ne lâchent rien. Mètre par mètre, ils défendent chaque village au prix de lourdes pertes. Sur le flanc est, la 3e division britannique ne fait qu’une bouchée de la 16e division de la Luftwaffe. Seul problème, elle piétine dans les ruines au nord de Caen. Les véhicules ont du mal à passer en raison des cratères formés par les bombes. A l’ouest, les Canadiens ont passé Carpiquet, et atteignent Saint-Germain-la-Blanche-Herbe et la Maladrerie.

Le soir su 8 juillet, les Allemands commencent enfin à décrocher. Sur ordre de Kurt Meyer, chef d’état major, la 12e SS évacue l’abbaye d’Ardenne qu’elle tenait depuis un mois et un jour. Des centaines d’hommes, fatigués par 31 jours de terribles combats, traversent l’Orne et se replient sur la rive droite. Un parfum de liberté commence à flotter sur Caen. Sur la rive gauche tout du moins, que les soldats alliés commencent à investir dès le lendemain à l’aube.

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