🔴 Première Guerre mondiale : Un conflit préparé depuis dix ans.

Si l’affiche de mobilisation placardée partout le 2 août 1914 est imprimée par l’Imprimerie Nationale depuis 1904, c’est parce que les gouvernements français qui se succèdent depuis la défaite de 1871 préparent tous la guerre d’une manière ou d’une autre, tout comme les Allemands, et à grand renfort de propagande qui vise à développer l’hostilité entre les deux pays, alors même que pour les Français, l’ennemi héréditaire de la France reste l’Angleterre. Il s’agit de transformer le patriotisme, l’amour des siens, en nationalisme, en haine des autres.

On crée des « bataillons scolaires » dans les écoles, une sorte de préparation militaire pour des enfants de 12 ans ! Des championnats de tir scolaire sont conçus en 1896. On forme des militaires dans les classes des belles écoles de Jules Ferry. On transforme en abcès purulent la perte de l’Alsace-Lorraine. Et lorsque le 28 juin 1914, l’héritier de l’empire austro-hongrois et son épouse sont assassinés à Sarajevo par un terroriste serbe à 19 ans, Gavrilo Princip, le fruit est mûr.

Cet assassinat n’est qu’une goutte de plus qui tombe dans le vieux vase bien rempli de vieille discorde qui oppose l’empire colonial français et l’empire fédéral allemand, l’un et l’autre en état de recomposition. Il ne fait que servir de prétexte ultime au déclenchement de la Grande Guerre.

Dans son livre Le monde d’hier, publié en 1942, l’écrivain allemand Stefan Zweig d’écrit l’état d’esprit de l’opinion publique de part et d’autre du Rhin à la fin de la « Belle Epoque » : « Ã€ la fin de ce siècle de paix, une ascension générale se fait toujours plus visible, toujours plus rapide, toujours plus diverse. Le XIXe siècle, dans son idéalisme libéral, est sincèrement convaincu qu’il se trouve sur la route rectiligne et infaillible du « meilleur des mondes possibles ». On considère avec dédain les époques révolues, avec leurs guerres, leurs famines et leurs révoltes, comme une ère où l’humanité était encore mineure et insuffisamment éclairée. La foi en un « progrès » ininterrompu et irrésistible a véritablement, toute la force d’une religion. On croit déjà plus en ce « progrès » qu’en la Bible, et cet évangile semble irréfutablement démontré chaque jour par les nouveaux miracles de la science et de la technique. D’année en année, on donne de nouveaux droits à l’individu, la justice se fait plus douce et plus humaine, et même le problème des problèmes, la pauvreté des grandes masses, ne semble plus insoluble. On croit aussi peu à la perspective d’une rechute dans la barbarie, à des guerres entre peuples européens, qu’aux fantômes ou aux sorcières ; les gens de cette époque croient sincèrement que les frontières de différences entre nations vont peu à peu se fondre dans une humanité commune, et que, de cette façon, la paix et la sécurité, le plus précieux des biens, seront accordées à toute l’humanité. »

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