⚪ [Seconde Guerre mondiale] : Camps de concentration : La Normandie aussi.

En Normandie pendant l’Occupation, les Allemands et le régime de Vichy ont aussi implanté des camps, notamment pour y garder des nomades. En Normandie, trois camps de nomades ont existé à Darnétal, Louviers, et à Barenton (sud-Manche). On connaît bien l’histoire de ce dernier, le plus petit de France à avoir accueilli des nomades.

Ceux-ci, au nombre d’une trentaine – arrivent à Barenton en avril 1941. Ils sont logés dans un bâtiment sans eau, ni électricité, avec deux pièces par famille. En journée, les adultes vont travailler chez les cultivateurs du coin, et les enfants vont à l’école communale de Barenton. Au camp, le bâtiment est entourés de fils barbelés et gardé par des gendarmes… qui n’ont pas l’air bien méchants : plusieurs témoignages locaux rapportent que ceux-ci ravitaillent les nomades en viande ou en cidre… quand les Allemands ont le dos tourné.

En octobre 1942, les nomades de Barenton sont dirigés vers le camp de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire. On ne sait pas leur destin après…

A Valognes, c’est l’hôtel du Mesnildot de la Grille, qui abrite à l’époque l’Institution Sainte-Marie, que les Allemands ont réquisitionné à leur arrivée en 1940. Ils y implantent ensuite un camp de travail pour l’Organisation Todt, qui est notamment chargée des travaux de construction du Mur de l’Atlantique. C’est là qu’arrive au mois d’avril 1944, KG Rossier, Allemand originaire de Prusse-Orientale, et demi-juif par sa mère. Avec lui, d’autres métis, des maris de femmes juives, des Tziganes, des homosexuels… Tous ceux que les Nazis détestent.

L’Organisation Todt les emploie sur les chantiers de construction de V1, mais aussi à désamorcer les bombes alliées qui n’ont pas explosé, ou sur le port de Cherbourg.

Au camp de Valognes, les puces et les poux règnent en maîtres et la nourriture est exécrable : « pain de munition humide et souvent déjà moisi quand nous le recevions. Rations insuffisantes. Soupe principalement constituée d’eau et de trognons de choux. Un pot de café par chambrée matin et soir ». Un écart de conduite ou le malheur de déplaire à un gardien ? Direction le camp disciplinaire de Tourlaville, aux mains des SS. Le dimanche, obligation de traverser la ville en colonnes et en chantant l’air de marche préféré du commandant.

« A la fin mai, le bruit se mit à courir qu’il était prévu de nous stériliser, nous les sang-mêlé d’origine juive, comme on l’avait fait avec les Gitans » explique enfin KG Rossler.

Après le 6 juin, les Alliés se rapprochant, le camp de Valognes est évacué. Il réussit à s’échapper dans la confusion qui règne chez les Allemands après la coupure du Cotentin à la mi-juin 1944*.

*L’intégralité de son témoignage est accessible à la Wiener Library, à Londres.

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A leur arrivée à Valognes, les Américains ont démonté le portique d’entrée dans la cour de l’hôtel du Mesnildot. On peut voir sur le portique les initiales O et T de l’Organisation Todt. Derrière, le hangar en bois est l’endroit où les déportés sont logés. (National Archives USA).

 

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